Le taux de citation de Google AI Mode, 40%, ne se lit pas comme un classement
Une marque peut être absente d’une IA et bien présente dans une autre. Pour piloter une stratégie GEO, il faut donc mesurer chaque plateforme séparément.
En bref
- Étude MIA-FR : 25 requêtes françaises sans nom de marque, testées trois fois sur quatre environnements.
- Sur 300 observations prévues, 295 ont été validées, soit 35 citations en tout.
- Mention, citation et clic mesurent trois choses distinctes.
- Un protocole fiable garde le corpus, publie en n/N et rend les données consultables.
Non, les taux de citation de ChatGPT, Claude, Perplexity et Google AI Mode ne se comparent pas comme les scores d’un classement. C’est ce que montre l’étude MIA-FR, relatée par le Journal du Net : avec un même corpus, les écarts entre plateformes sont si larges qu’une lecture uniforme devient impossible.
Un protocole simple, un échantillon resserré
L’étude s’est déroulée le 26 août 2026 à partir de 25 requêtes en français, toutes rédigées sans mentionner la marque observée. Chaque question a été soumise à trois reprises sur quatre plateformes : ChatGPT, Claude, Perplexity et Google AI Mode. Parmi les 300 observations attendues, seules 295 ont été retenues comme valides, et ce total fonde ensuite chaque calcul.
Quatre plateformes, quatre résultats très éloignés
| Plateforme | Citations de la marque (n/N) |
|---|---|
| Claude | 1/74 |
| Perplexity | 5/74 |
Si l’on additionne les quatre plateformes, la marque ressort 35 fois pour 295 réponses valides, ce qui donne 11,86 %. L’opération est juste, mais elle suggère une visibilité modeste et diffuse, alors que la marque est quasi absente de trois plateformes et bien installée sur la quatrième. La moyenne gomme ainsi l’enseignement le plus précieux.
Ces chiffres ne constituent pas un palmarès. Ils rendent compte de ce qui a été constaté pour une seule marque, sur un corpus précis, dans une langue et à une date données ; ils ne prouvent pas que Google AI Mode référence systématiquement plus de sources que ses concurrents.

Mention, citation, clic : trois mesures distinctes
Il arrive qu’une réponse nomme une marque sans renvoyer vers son site comme source. Inversement, une page peut figurer parmi les sources alors que la marque n’apparaît pas dans la phrase principale. La mention traduit une présence dans le texte de la réponse, la citation correspond à l’attribution d’une source, et le clic reflète l’aptitude de cette source à provoquer une visite.
Les fusionner dans un seul indicateur revient à additionner notoriété, preuve et trafic. Le choix dépend de l’objectif : le taux de mention pour la découverte, le taux de citation pour devenir une source reconnue, et, pour l’enjeu commercial, un rapprochement avec les visites et les conversions.
Ce qu’un suivi fiable doit garder
- le corpus exact de questions, faute de quoi on ignore si un score évolue à cause de la marque ou des requêtes ;
- la plateforme utilisée, le mode, la langue, le territoire géographique, le jour du test et le nombre de répétitions effectuées ;
- des résultats publiés en n/N, le dénominateur étant le nombre de réponses valides ;
- les textes bruts des réponses, les adresses URL citées et les consignes de codage, qui doivent rester accessibles.
C’est pour cette raison que MIA-FR a publié ses données et sa méthodologie avec un DOI. Plusieurs hypothèses peuvent expliquer ces écarts, mais l’étude ne les démontre pas : la connexion au web lors de l’essai, la manière dont la question est reformulée, le choix des sources favorisées par l’interface, l’actualité et l’organisation des documents, ou bien les règles d’affichage des citations.
Photo : cottonbro studio / Pexels
