Trafic et dépenses ne désignent pas les mêmes gagnants dans l’IA grand public

Le classement semestriel d’a16z mesure pour la première fois ce que paient les Américains pour l’IA, et révèle un marché payant étroit et très concentré.

Florian Maury Par Florian Maury
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Trafic et dépenses ne désignent pas les mêmes gagnants dans l’IA grand public
Photo d’illustration. Une personne tient une carte bancaire devant un ordinateur portable, illustrant le paiement en ligne.

En bref

  • La 7e édition du Top 100 Consumer AI Apps d’a16z place ChatGPT premier sur le web et sur mobile.
  • Claude passe de la 6e à la 3e place sur le web, devant DeepSeek et Perplexity.
  • Seuls 11 nouveaux produits entrent au classement, un plancher depuis 2023.
  • La française Photoroom figure dans les trois classements, Mistral AI dans aucun.

À l’automne 2026, l’assistant d’OpenAI garde une avance nette sur ses rivaux. En août, ChatGPT attirait environ deux fois plus de visites web que Gemini et six fois plus que Claude. Sur mobile, l’écart s’élargit encore : 2,5 fois plus d’utilisateurs actifs mensuels que Gemini, 14 fois plus que Claude. Ces mesures proviennent de Similarweb pour le web et de Sensor Tower pour les applications, comme le détaille le Blog du Modérateur, qui a analysé le classement publié tous les six mois par le fonds Andreessen Horowitz.

Un trio de tête aux écarts très inégaux

La progression de Claude est le mouvement le plus visible du haut de tableau, même si son audience reste loin derrière celle de son concurrent. L’arrivée de ChatGPT sous GPT-6 s’inscrit dans ce contexte de domination. Le renouvellement du classement, lui, ralentit : depuis la création de ce palmarès, jamais aussi peu d’entrants n’avaient été comptés. Le fonds pose d’ailleurs une question plus large que celle du vainqueur : « La question est peut-être de moins en moins de savoir qui gagne, et de plus en plus de savoir comment chaque entreprise tire parti de sa propre opportunité ».

Ce que révèle l’argent dépensé

Nouveauté de cette édition, a16z mesure les dépenses réelles des consommateurs, uniquement aux États-Unis. Le fonds a aussi retiré les services surtout dédiés aux contenus pour adultes, qui auraient sinon pris plus d’un cinquième des places du classement web.

4,5 %des consommateurs américains suivis payaient ChatGPT, Gemini ou Claude en août, contre 2,1 % un an plus tôt
903 dollarsdépense mensuelle moyenne du 1 % des plus gros payeurs, contre 25 dollars pour le payeur médian
20 %des dépenses concentrées sur ce premier centile

La facture de ces gros consommateurs a grimpé de 80 % en 18 mois. Conséquence directe, 29 des 50 premiers acteurs par dépenses ne figurent dans aucun classement d’audience. Au palmarès des cartes bancaires, OpenAI et Anthropic devancent Canva, Superhuman, Higgsfield, Replit, Suno, Lovable, Perplexity et ElevenLabs. Gemini en est absent, Google ne permettant pas d’isoler ses revenus.

Selon YipitData, 3,02 % du panel américain réglait un abonnement ChatGPT en août. Claude convertit mieux vers le haut de gamme : 7,3 % de ses abonnés ont choisi Max, dès 100 dollars par mois, contre 1,3 % pour Google Ultra. Le même panel note pourtant, en juillet et août, moins de sessions quotidiennes sur ordinateur, moins de nouveaux abonnés et davantage de résiliations pour Claude. Et seulement 8 % des abonnés américains de ChatGPT paient aussi l’assistant d’Anthropic.

Trois stratégies, trois façons de gagner de l’argent

Sur 127 lancements recensés en six mois, Anthropic oriente 66 % des siens vers les professionnels et les développeurs, un public déjà visé par les modèles d’IA pour coder. Google en réserve 49 % au grand public. OpenAI répartit les siens entre travail (39 %) et grand public (20 %).

Côté modèles économiques, les 44 produits nativement IA du classement web s’appuient très majoritairement sur le paiement direct de l’utilisateur.

Abonnement : 84 % des produits le proposent. Facturation à l’usage ou vente de crédits : 64 %.

Publicité : 14 % seulement. OpenAI revendique toutefois un milliard de dollars de revenus publicitaires annualisés en août, sur 1,2 milliard d’utilisateurs hebdomadaires, et sa régie a ouvert en France. Commission sur transaction : 2 %.

Création, code et Europe dans les classements

  • Canva (4e) et Notion (7e) restent dans le top 10 web, Figma est 15e et Superhuman 4e en dépenses.
  • Suno est 19e en trafic web et 7e en dépenses ; ElevenLabs 25e et 10e ; Cursor gagne six places, jusqu’au 35e rang.
  • Seules sept entreprises apparaissent dans les trois classements, dont la française Photoroom (36e web, 45e mobile, 38e dépenses).
  • Hugging Face est 29e sur le web et 39e en dépenses, le suédois Lovable 8e en dépenses et 14e sur le web, l’allemand n8n 45e en dépenses.

Du côté des agents personnels, Instinct, lancé en août sur iMessage, aurait dépassé 100 000 utilisateurs en trois semaines, sur invitation. Muse, l’agent de Meta, aurait réuni 250 000 utilisateurs actifs quotidiens dès sa première semaine et plus de 5 millions de téléchargements en moins d’un mois, uniquement aux États-Unis et au Canada.

Photo : Anna Shvets / Pexels

Florian Maury

E-business, webmarketing, référencement et développement

Florian Maury

Florian Maury est développeur web depuis une quinzaine d'années, d'abord en agence puis en indépendant. Il écrit pour VeilleWeb2 sur l'actualité du web et le développement : navigateurs, standards, CMS, frameworks et hébergement. Il garde une version de chaque site qu'il a construit.