Actualités web

Pékin et Bruxelles concluent une entente sur les hybrides

Le ministère chinois du Commerce la dit conforme à l’OMC, sans en livrer le contenu, et Pékin promet en parallèle de faciliter l’export de terres rares.

Camille Deschamps Par Camille Deschamps
4 min de lecture
Pékin et Bruxelles concluent une entente sur les hybrides
Image d'illustration : un parc de voitures neuves, en écho à l'entente sur les hybrides entre Pékin et Bruxelles.

La Chine et l’Union européenne ont trouvé un terrain commun sur le commerce des véhicules hybrides, mais le contenu de cet arrangement reste inconnu. C’est le ministère chinois du Commerce qui a rendu publique cette « entente », un vendredi, en s’appuyant sur un communiqué conjoint rédigé au terme de discussions bilatérales organisées à Pékin. Pour les entreprises qui suivent les flux d’importation ou dépendent de composants venus d’Asie, l’annonce compte surtout par son second volet, consacré aux terres rares.

En bref

  • Le ministère chinois du Commerce a annoncé un vendredi une « entente » avec l’Union européenne sur les véhicules hybrides.
  • Le communiqué conjoint, issu de discussions tenues à Pékin, ne précise pas le contenu de l’accord.
  • Bruxelles cherchait une réduction volontaire des exportations chinoises d’hybrides, que Pékin refusait jusque-là.
  • La Chine se dit disposée à faciliter les licences d’exportation de terres rares et d’aimants permanents vers l’Europe.

Une annonce venue de Pékin, un texte très bref

Le communiqué tient en peu de lignes. Il affirme que l’arrangement trouvé par les deux parties respecte les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ce qui place l’accord dans le cadre multilatéral que Bruxelles comme Pékin revendiquent. Au-delà de cette mention, le texte ne livre ni mécanisme, ni volume, ni calendrier. Comme le rapporte le Journal du Net, c’est donc la partie chinoise qui a porté l’information en premier, à partir de ce document commun.

Pour un acheteur professionnel, un distributeur ou un commerçant en ligne qui vend des accessoires automobiles, cette discrétion a une conséquence pratique simple : il n’existe à ce stade aucune règle nouvelle à intégrer dans une politique d’achat ou de prix. Ce constat ne vaut que tant qu’aucun texte d’application n’est publié.

Câble de recharge branché sur la prise d'un véhicule blanc
Image d’illustration : une prise de recharge, pour l’entente entre Pékin et Bruxelles sur les véhicules hybrides. Source : Pexels. Photographe : Timothy Huliselan. Licence Pexels.

Ce que Bruxelles réclamait et ce que Pékin refusait

Le contexte éclaire l’enjeu. L’Union européenne voulait que la Chine s’engage à réduire d’elle-même ses exportations de véhicules hybrides vers le marché européen. Une limitation volontaire de ce type aurait permis d’encadrer les flux sans passer par de nouvelles mesures unilatérales.

Pékin avait jusqu’ici écarté cette option. D’après la presse spécialisée, la Chine refusait de restreindre volontairement ses envois d’hybrides avant que le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, ne se rende sur place. Le communiqué publié après sa visite ne dit pas si cette position a changé : il évoque une entente, sans préciser si elle comporte la moindre limitation des volumes.

Les deux capitales sont en outre convenues de « renforcer » leurs discussions commerciales. Autrement dit, le dossier des hybrides s’inscrit dans un dialogue appelé à se poursuivre, et non dans un règlement définitif présenté comme clos.

Terres rares et contrôles à l’exportation, le volet le plus concret

C’est sur les matières premières stratégiques que les engagements chinois sont les plus lisibles. Ils concernent directement l’industrie européenne, des moteurs électriques aux équipements électroniques qui alimentent aussi le commerce numérique. Selon le ministère chinois du Commerce, trois éléments ressortent :

  • Une promesse de faciliter l’exportation de terres rares vers l’Europe.
  • Une volonté affichée de continuer à faciliter l’examen et l’approbation des licences d’exportation, pour les terres rares comme pour les aimants permanents, Pékin se disant « disposé » à le faire.
  • La réaffirmation, par les deux parties, de la nécessité d’un dialogue plus soutenu sur les contrôles à l’exportation.

Ces formulations restent des intentions : elles ne fixent ni délai de traitement des licences ni volume garanti. Elles prolongent toutefois un sujet que l’Europe traite aussi de son côté, avec son soutien à de nouveaux projets de terres rares destinés à réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine. Pour les entreprises dont la chaîne d’approvisionnement passe par des aimants ou des composants issus de ces métaux, le mot clé du communiqué est « licences » : c’est sur leur délivrance que portera, concrètement, l’engagement de Pékin.

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Luke Miller. Licence Pexels.

Camille Deschamps

E-business, webmarketing, référencement et développement

Camille Deschamps

Camille Deschamps a été responsable e-commerce d'une marque de prêt-à-porter lyonnaise pendant huit ans. Elle écrit pour VeilleWeb2 sur l'e-business : boutiques en ligne, paiement, logistique, marketplaces et relation client. Elle commande régulièrement sur les sites qu'elle étudie pour tester le parcours d'achat.